Projet T(ERRE) ' AIR : Contribution de parois géosourcées aux conforts hygrothermique et visuel, et à la qualité de l’air intérieur des bâtiments
Date de début : Septembre 2023
Date de fin : Septembre 2026
Coordinateur : Laboratoire SIAME, équipe Géomatériaux et Structures
Responsable scientifique au SIAME : Céline Perlot
Partenaire(s) : Aquitanis, ADEME (Agence de la transition écologique), l’IMT Mines Ales, Nobatek, Ville de Pau
Objet
Le projet T(erre)’Air lauréat d’un financement ADEME vise à caractériser la contribution de la terre crue comme matériau de construction au confort intérieur des bâtiments, et plus particulièrement lorsque la terre est utilisée en enduit de parois intérieures.
Trois aspects du confort sont considérés :
- le confort hygrothermique : de par sa composition naturelle riche en argile et sa porosité particulière, la terre crue offre une régulation naturelle de l’humidité ambiante. Elle apporte aussi de l’inertie thermique, propriété d’intérêt pour limiter les échauffements l’été. Ces caractéristiques ont déjà été observées, ce projet propose d’approfondir l’impact de la composition minéralogique et de l’ajout de fibres.
- le confort visuel : pourtant crucial à la perception de l’habitant et à sa sensation de bien-être, l’influence de la terre reste très peu documentée sur ce point.
- la qualité de l’air intérieur : la régulation hygrique de la terre crue liée à ses propriétés d’adsorption présuppose une capacité à retenir les polluants de l’air intérieur (CO2, composés organiques volatiles ou COV) et donc améliorer la santé des occupants qui reste à étudier.
L’étude de ses conforts se déroule à trois échelles : après avoir étudiés les mécanismes à l’échelle de la matière (quelques grammes), des caractérisations sont menées à l’échelle du produit (brique ou morceau d’enduit), puis de la pièce. Les mesures sont effectuées sur des échantillons neufs et vieillis afin d’évaluer l’influence du vieillissement sur les performances des matériaux.
Une modélisation numérique est développée d’après les données recueillies en laboratoire et in situ pour simuler respectivement la rétention de polluants à l’échelle du produit et la contribution de la terre crue à qualité de l’air intérieur des bâtiments. Cette dernière modélisation est développée en partenariat avec le CETHIL de Lyon (Rudy Bui).
Suivi de la qualité de l’air en site occupé
Des logements en terre crue à Biganos (33) équipés de capteurs de qualité d’air.
Une campagne de mesure réalisée dans des logements équipés de capteurs de la qualité de l’air permet d’étudier l’influence éventuelle de l’ensoleillement, aération ou encore température sur la concentration de polluants (CO2, COV) qui peuvent être présents dans l’air intérieur des bâtiments. Ces polluants émanent des occupants, des biens d’équipements et des activités humaines.
Grâce à la récolte de ces données, des modélisations mathématiques seront développées et implémentées dans des codes de calcul numériques pour simuler l’évolution de la concentration des polluants. Ces simulations aideront à la recommandation d’actions pour favoriser la santé dans les bâtiments ou encore la prescription de techniques constructives pour de futurs projets.
Cette action est menée en partenariat avec Aquitanis et possible grâce à la collaboration des habitants de ces différents logements occupés.
Mesure de la rétention de polluants à l’échelle de la pièce
Pour comprendre et décrire les mécanismes de rétention de polluants à grande échelle, la dernière étape de l’étude est menée dans les modules mis à disposition par Nobatek.
Les parois des modules qui reproduisent des pièces (systèmes constructifs et équipements) sont enduites de terre crue. La température et l’humidité y sont maintenues. Des polluants sont injectés et la décroissance de leur concentration enregistrée. Les mesures sont comparées à celles de la même expérience menée dans un module jumeau dont les parois ne sont pas enduites mais composées des traditionnelles plaques de plâtre peintes.





